Dans mon dernier article, je parlais des 13 caractéristiques qui nous permettent de reconnaître un pervers narcissique. Si le PN répond à certains critères, la victime qu’il choisit répond aussi à des critères spécifiques. Je crois toutefois qu’on peut toutes être la cible de ces manipulateurs abusifs et malveillants. Parce que le « talent » du manipulateur PN, est de dénicher la faille qui se trouve en chaque personne. Or, nous avons tous des failles, un côté un peu vulnérable, des peurs, etc. Et c’est exactement par là que le PN entre pour installer son emprise dans la relation. On peut être victime d’un PN dans une relation amoureuse ou amicale, au travail, à l’église ou dans la famille.

Il n’est pas rare que lorsque le PN change de proie, il se retrouve avec une personne ayant sensiblement le même profil que les anciennes victimes. D’une victime à l’autre, elles auront des caractéristiques physiques ou psychologiques qui sont très similaires et nous verrons pourquoi.

On croit souvent à tort que les victimes de pervers narcissiques sont des femmes naïves, dépourvues de caractère et d’intelligence. On ne peut s’imaginer qu’une femme médecin, avocate, ingénieure ou encore psychologue puisse être victime de ces vampires de l’âme. Et pourtant!!! Beaucoup de femmes professionnelles ont déjà été la cible de pervers narcissique.

Le profil de la victime favorite
La victime est souvent une personne qui regorge de qualités humaines profondes. Elle est spirituelle, joyeuse, une bonne vivante, affectueuse, aimable empathique, sensible, ouverte d’esprit, généreuse, sincère, recherche l’harmonie, n’aime pas le conflit. Elle fait preuve d’intégrité et à des valeurs morales et éthiques profondes. Elle sait se remettre en question (parfois trop) et elle cherche à comprendre l’autre.

Pourquoi est-elle la cible?
Le PN se nourrit de la vitalité de sa victime, il s’approprie ses qualités et il projette sur elle son mal-être. C’est pour cela qu’il cible souvent les femmes pétillante et ambitieuse pour absorber, vampiriser toute leur énergie.  Le PN cible la faille des victimes et y installe son emprise. Bien des victimes reconnaissent avoir connu leur PN à moment dans leur vie où elles étaient vulnérables, que ce soit à la suite d’un échec, d’une rupture, d’un décès ou d’un autre problème quelconque. Le pervers narcissique se présentera à elle comme un sauveur; quelqu’un qui la comprendra et qui voudra l’aider.

Et la victime répondra favorablement à la proposition d’aide du PN et croira qu’il sera capable de la combler et de la délivrer de son mal, de sa souffrance intérieure, de sa solitude; comme si elle avait oublié qu’un sauveur est déjà venu (Jésus).

Pourquoi n’est-il pas facile pour la victime de quitter son PN?
Il est souvent difficile pour une victime de quitter le PN car pour elle, ce serait de renoncer au prince charmant qu’elle a connu au début de la relation. Je rappelle que l’arme la plus redoutable du PN est sa séduction, il s’est adapté au rêve de sa proie, celui de créer une belle histoire d’amour. Il a su la charmer au point où  elle croit vraiment que c’est l’homme de sa vie. Il devient donc difficile de renoncer à la possibilité de créer cette belle histoire, cette relation idéale qu’elle attend depuis toujours. Forcément, ce dira-t-elle, s’il n’est plus le prince charmant du début, c’est qu’elle doit avoir fait quelque chose de mal.  Elle ne sait pas que tout ceci n’était qu’en fait qu’une mascarade, que le PN était juste en train de tisser sa toile et qu’elle est maintenant sous son emprise coincée dans le filet de l’oiseleur. Elle se démènera pour sauver son couple et retrouver l’idéal du début, mais elle se débattra seule dans les eaux troubles et le PN la regardera faire, tout en tenant sous son bras la bouée de sauvetage. C’est un rapport magnétique qui est difficile à briser, car le PN fait l’effet d’une drogue dure envers sa victime qui a souvent des problèmes de dépendance affective.

Comment la victime est-elle sous emprise?
L’emprise commence doucement et insidieusement. Ça débute toujours par une phase de lune de miel pour ensuite laissé place à des reproches minimes basés sur des faits véridiques; par exemple il se plaindra qu’il mange toujours la même chose et qu’il aimerait avoir un peu plus de variétés. Par la suite, les reproches augmenteront en intensité; le repas n’est pas prêt à son retour de travail, le repas n’est pas bon, tu n’es bonne à rien, ce n’est pas compliqué ce que je demande, etc. Si elle s’améliore en cuisine, il trouvera aussitôt un autre domaine à critiquer.

Petit à petit, l’estime déjà insuffisante de la victime va prendre un coup, elle vivra une certaine peur et une anxiété de ne pas pouvoir satisfaire les besoins du PN. Répondre aux besoins des autres,c’est quelque chose qu’elle sait faire…car elle n’a pas appris à être, mais à faire. Cependant, le manipulateur PN s’assurera de communiquer ses besoins de manière ambiguë de sorte que la victime ne puisse jamais être en mesure d’y répondre correctement, ce qui laissera la porte ouverte à de nouveaux reproches.

C’est à travers ce type de schéma que la victime pétillante et pleine de vitalité sera déconstruite. N’ayant pas suffisamment confiance en elle, elle n’arrive pas à percevoir que les attentes du PN sont irréalistes. Peu à peu, elle perd sa joie de vivre, elle doute d’elle-même de ses capacités. Elle essaiera de faire plus, de donner plus jusqu’à perdre toute son identité pour enfin plaire à son PN et retrouver le prince charmant du début, qui a soi-disant disparu à cause d’elle. Elle vivra dans une crainte, voire une terreur constante de mal faire ou de déplaire à l’autre.

Ce que le pervers narcissique nous apprend sur nous-mêmes les victimes.
La relation qu’on entretient avec un PN nous apprend que notre estime de soi est insuffisante. Les victimes croient souvent (de manière inconsciente) qu’elles ne méritent pas d’être aimées. Elles vont donc donner sans cesse pour mériter cet amour et pour être reconnues en tant que personnes.

Les victimes sont souvent des personnes intelligentes, mais qui manquent cruellement de confiance en elles. Cela peut provenir d’un passé douloureux (abandon, solitude, humiliation, trahison, manque d’amour). Ce sont des personnes qui ont souvent peur d’être seules et abandonnées, d’où leur difficulté à quitter une relation toxique. Elles culpabilisent très facilement et donc font preuve de beaucoup de tolérance sur ce qui est totalement inacceptable.

Être victime d’un PN est une expérience traumatisante, parce que la victime n’est pas outillée pour comprendre le mécanisme dans lequel elle est entraînée. Le PN qui jongle entre le chaud et le froid, lui fera vivre des phases de lune de miel dans laquelle est sera bombardée d’amour pour ensuite insérer des microagressions, insidieuses ou violentes qui feront l’effet d’une douche froide. Ce type de comportement créer une énorme confusion, car la victime ne comprend pas ce qui se passe et se sentira dévitalisée.

Traiter des blessures du passé avant d’entrer dans une relation est très important. Il est important de demander à Dieu de passer son scanneur céleste et de travailler en soi les failles encore ensanglantées dont parfois nous n’avons même pas conscience, mais que le PN sait capter à distance.

Comment peut-elle s’en sortir?
Il faut d’abord et avant tout une sérieuse prise de conscience de l’état de la situation. Il faut avoir assez d’estime pour soi-même pour se dire qu’on ne mérite pas d’être rabaissée en permanence, critiquée, humiliée, frappée, etc. La bible ne te poussera jamais à supporter injustement et à te soumettre à ton tortionnaire pour être une « bonne chrétienne » et à rester auprès de quelqu’un qui  te tue à coup de poing ou à coup de mots! Il faut vraiment chercher à bien comprendre la parole de Dieu! Les bonnes ressources sont là pour aider les victimes.

Une victime qui sort de l’emprise de son PN devra se faire aider par des professionnels (aide psychologique et parfois juridique) surtout pour les femmes mariées ayant des enfants. Elle peut se faire aider par toute autre personne qui peut comprendre ce qu’elle a vécu et obtenir le soutien nécessaire autant sur le plan spirituel que émotionnel.

Elle devra aussi renoncer à l’idée que le PN puisse changer. Le pervers narcissique est reconnu pour avoir une pathologie qui ne se guérit pas, car il ne se croit pas malade; ne reconnaissant jamais ses torts encore moins son état, il bloque lui-même l’intervention divine dans sa vie.  Retourner vers un PN, c’est de l’éloigner de la possibilité qu’il puisse se repentir. Tant et aussi longtemps que tu seras une source d’énergie pour lui, il ne sera jamais en mesure de se tourner authentiquement vers Dieu.

Fait-on grâce au méchant, il n’apprendra jamais à être juste. Sur la terre du bien, il commettra le mal et il ne verra pas la majesté de l’Éternel.(Ésaïe 26:10)

Quelqu’un qui s’adonne au mal et qui détruit une personne à huis clos n’est pas un frère, mais un méchant selon la bible! On ne parle pas d’une personne ponctuellement malveillante, mais d’un loup déguisé! Vous les reconnaîtrez à leur fruit nous dit la bible…et la victime doit en faire de même, reconnaître les fruits de destruction qui émane de ces manipulateurs. Ne soyez pas dupé par le fait qu’il prêche bien ou prie à l’église…seules les victimes savent vraiment ce qu’elles voient et subissent à huis clos.

Le chemin vers la guérison peut être long, mais est totalement possible! Appliquer le no contact ou limiter grandement le contact avec le PN est très important lorsqu’on sort de son emprise. Les survivantes de ces relations abusives devront apprendre à passer de victime à responsable et à laisser Dieu leur donner la splendeur au lieu de la cendre (Es 61:3)

Written by Dina
Mon désir est de voir des femmes vivre pleinement et intentionnellement pour Dieu ;-)!

Leave a Comment